À Chaspuzac, « Lou Légumes » en difficulté bénéficie d'un étalement de sa dette

Par Mathias CUBIZOLLES , Mise à jour le 29/07/2026 à 06:00

Temps de lecture : 3 minutes

« Lou Légumes », producteur de champignons implanté à Chaspuzac depuis 2022, rencontre d'importantes difficultés financières. Le 28 juillet 2026, l'Agglomération du Puy a adopté un protocole pour aider l'entreprise à se maintenir en Haute-Loire.

Producteur et transformateur de champignons basé en Bretagne, « Lou Légumes » possède une champignonnière à Chaspuzac, près du Puy-en-Velay. L'établissement embauche au total entre 110 et 160 personnes selon la saison. Mais depuis quelques années, l'entreprise accumule les retards de paiement de loyer dus à l'Agglomération du Puy, propriétaire des terrains et du bâtiment. La faute à une trésorerie très creuse, et à un passage devant la justice en 2023, et une condamnation en appel en 2026 pour tromperie sur l’origine de ses champignons. Des champignons importés de Pologne avaient été vendus comme produits en France. La justice a confirmé la condamnation avec une amende de 744 000 euros.

L'entreprise doit plus d'un million d'euros à l'Agglomération

Selon Roland Lonjon, vice-président de l'Agglomération délégué aux Finances, la dette de Lou Légumes vis-à-vis de l'intercommunalité s'élève à « 1,31 million d'euros ». Mais l'Agglomération, pour préserver les emplois permis par la champignonnière, a validé ce mardi 28 juillet à la quasi-unanimité un protocole de soutien, qui s'étend sur plusieurs années. « Notre souhait est de préserver les emplois assurés par l'entreprise », affirme Jean-Paul Bringer, président de l'Agglomération, qui ajoute qu'« aucune coupe » n'est prévue dans la main d'œuvre.

La champignonnière "Lou Légumes" a jusqu'à 2037 pour rembourser ses dettes. Photo par Mathias Cubizolles

Ce plan de sauvetage de Lou Légumes s'appuie d'abord sur l'investissement à hauteur de cinq millions d'euros de Fernhill Capital, spécialisé dans l'accompagnement d'entreprises. Cette somme va servir à redresser la trésorerie du groupe. Lou Légumes va en parallèle devenir sous-locataire du site de production : c'est une entreprise dédiée, ImmoLou Sud, qui va reprendre le crédit-bail des locaux.

L'Agglomération, quant à elle, s'engage à percevoir un remboursement progressif des retards de loyer. Jusqu'en 2037, Lou Légumes va verser à l'intercommunalité des sommes croissantes indexées sur le crédit-bail, jusqu'à avoir complètement comblé ses dettes. « La dette n'est pas effacée », précise Jean-Paul Bringer.

Une unité de traitement des effluents va être créée

Le pilier financier de ce protocole, Fernhill Capital, a toutefois posé des conditions à son investissement de cinq millions d'euros. L'établissement a en effet exigé la désignation d'un nouveau directeur (encore inconnu) et la refonte de la gouvernance de Lou Légumes. 

Jean-Paul Bringer, président de l'Agglomération du Puy Photo par Archives Zoomdici

Mais surtout : Fernhill demande la création d'un dispositif de traitement des effluents (eaux usées, rejets chimiques...) près du centre de production à Chaspuzac. La construction de ce système sera en partie financée par l'Agglomération du Puy, qui contribuera à hauteur de 249 000 €. 

« Nous croyons en la nouvelle direction de la champignonnière », a déclaré Jean-Paul Bringer. Avec Roland Lonjon, il se veut optimiste pour l'avenir de l'usine de Chaspuzac. « Il y a un important potentiel de développement de la production de champignons sur le territoire », appuie le président de l'Agglomération, qui croit en parallèle à « une remontée » de l'activité de Lou Légumes dans les prochaines années.

 

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1 commentaire

mer 29/07/2026 - 07:43

Avec sagesse, la plus belle attitude était sans doute de tenir bon et de continuer à avancer même lorsque les vents sont contraires. Lou Légumes a connu des épreuves mais les plus belles pousses naissent parfois après les périodes les plus difficiles. Avec du temps, du travail et de la confiance, l’avenir peut encore réserver de belles récoltes.

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