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Légendes de Saint-Michel d'Aiguilhe : l'histoire du rocher le plus célèbre du Puy
Temps de lecture : 4 minutesNé d'une rencontre entre lave et eau il y a 2 millions d'années, le rocher de Saint-Michel d'Aiguilhe fascine depuis toujours. Entre légendes, passage des rois de France, pèlerinages vers Saint-Jacques et succès touristique intemporel avec près de 88 000 visiteurs par an : l'histoire de ce joyau de Haute-Loire.
Il aura fallu la conjonction d’un phénomène géologique rare et d’une incroyable prouesse architecturale pour donner naissance à ce formidable spectacle qu’offre Saint-Michel d’Aiguilhe. Au fil des millénaires, est née cette fabuleuse chapelle ; quelle importance a-t-elle pris ?
Origine et croyances
Il y a 2 millions d’années, une coulée de lave a rencontré sur son chemin un grand lac au niveau de l’actuelle Aiguilhe. Du magma stoppé par l’eau est né un neck. Ce moule volcanique de 82 mètres de haut, qui s’est rempli peu à peu de lave, et que vous connaissez tous aujourd’hui sous le nom de Saint-Michel d’Aiguilhe.
Les nombreux autochtones ont toujours été fascinés par ce pic qui les rapprochait du ciel et des dieux.
Cette histoire aux fondations mystiques s'étend jusqu'au Ier siècle avant Jésus-Christ, où les anciens Vellaves consacrèrent ce majestueux piton volcanique à Lug, un dieu gaulois de la lumière sur le chaos.
Du Ier au IVe siècle après J. C., les Romains assimilèrent le dieu Lug au dieu romain Mercure, le dieu des messagers. Etant ainsi plus proche du ciel, il aurait pu communiquer avec les dieux, raison pour laquelle ils y auraient construit un temple.
Les légendes y ont toujours été nombreuses. Un géant aurait laissé échapper un rocher en construisant le Velay ; Gargantua y aurait laissé sa fiente ; y monter améliorerait la fertilité et soulagerait les maux ; Saint-Michel y aurait terrassé le dragon ; et enfin, une jeune fille ayant sauté du haut du rocher aurait été sauvée par Marie.
L'arrivée du monothéisme
C'est au doyen du chapitre de la cathédrale du Puy, Truannus, qu'est venue l'idée de la construction de la première chapelle au sommet du piton. Mais c'est grâce à Godescalc, le premier pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle et évêque du Puy, que le projet s'est véritablement concrétisé. D'abord un petit oratoire carré de trois petites absidioles (actuel chœur) pour épouser le rocher, la chapelle pré-romane a vu le jour en 961.
L'évêque bénit dès la fin des travaux le sanctuaire pour le dédier à l'archange Saint-Michel, patron des sommets, dans la lignée de Mercure.
Au XIIe siècle les pèlerinages se multiplient pour Compostelle et le chemin passe devant la chapelle. Ses visites se multiplient. Elle est alors devenue trop petite et sera agrandie avec une nef, un espace extérieur, un portail, un clocher et des fresques romanes.
Au Moyen Age, elle connaît toujours un afflux de pèlerins et de curieux, même les rois s’y rendent, comme Charles VII, Louis XI et Charles VIII. Un village fortifié se construit à ses pieds pour la protéger, il prend lui aussi le nom de l’aiguille majestueuse : Aiguilhe.
Petit à petit, même si les pèlerinages se poursuivent, le lieu perd de sa popularité. A la Révolution, certains voulurent l’abattre, sans succès, tant et si bien que le village autour d’elle devint autonome. L'état de la chapelle s'étant dégradé, un grand nettoyage et des restaurations eurent lieu en 1823. On y découvrit même un trésor, qui y est toujours exposé depuis.
Le public afflue de nouveau
Sa beauté a été reconnue de tout temps puisque l'auteur de Carmen et inspecteur de monuments historiques, Prosper Mérimée, la décrivait en 1850 comme "le bijou de l’architecture romane". Après sa visite, il la fit inscrire aux monuments historiques.
Sur ce pic, la chapelle est donc une prouesse architecturale et artisanale avec sa façade aux incrustations de marbre, de briques rouges et de pierres bleutées. En elle, tout fascine et on enregistre près de 88 000 visiteurs par an.
La vénération autour du rocher ne faiblit pas, l'association "Autour de Saint-Michel d’Aiguilhe", a même multiplié les animations pour parvenir à inscrire le rocher sur la liste des réseaux européens des sites et des chemins de Saint-Michel. L'objectif étant de faire connaître le site dans toute l’Europe.
L’association nous a expliqué "vouloir développer encore le GR300 (déjà balisé jusqu’à Ebreuil), et accroître sa fréquentation", ce qui, une fois totalement achevé, relierait notre Saint-Michel d’Aiguilhe au mont Saint-Michel.
Le temps file, mais le Rocher, lui, est immortel et il sera toujours apprécié des générations futures pour sa spiritualité et ses prouesses techniques.
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