Incendie au Puy-de-Dôme : 3 000 personnes évacuées
L'orage de grêle qui s'est abattu sur Issoire dans la soirée du samedi 25 juillet 2026, n'a pas laissé les commerçants et habitants indemnes. Si certains quartiers et bâtiments ont été épargnés, d'autres l'ont été beaucoup moins. Nous leur avons rendu visite pour connaître l'étendue des dégâts.
« Cela s'est joué à 200 mètres près » explique Marie au Wake Up Coffee vers la gare, dans ce salon de thé très populaire à Issoire, pas vraiment de dégâts, si ce n'est quelques infiltrations à l'étage. Même histoire un peu plus loin, sur le boulevard Triozon Bayle, chez HoBistro, de l'eau s'est infiltrée par le plafond, entraînant une fermeture le samedi soir. Un moindre mal, l'heure est à la relativisation.
En revanche en continuant en direction de la sous-préfecture, Meghane, gérante de la boutique de robes de mariée Étoile d'un jour, a dû fermer boutique. Cette enseigne se situe dans une des zones les plus touchées, boulevard Georges Hainl, où la route et les véhicules étaient ensevelis sous des couches de glace. « J'arrête pas depuis samedi soir, entre les assurances, rappeler tout le monde, faire des devis, faire sécher les robes... »
Meghane est restée coincée dans sa boutique entre l'eau et la grêle.
« L'eau est rentrée en moins de cinq minutes, j'avais 10 centimètres d'eau partout. Il y avait un mètre de grêle devant la boutique, j'ai eu peur. J'essayais de sauver en prio mes papiers et les robes »
La jeune femme a fait venir un expert. « Il va y avoir beaucoup de frais de pressing, pour toutes les robes ».
Dans différents quartiers issoiriens, les grêlons bloquaient les bouches d'évacuation au sol, créant alors une accumulation d'eau sur les chaussées.
« Ça fait 30 ans que je suis là, je n'ai jamais vu ça de ma vie ! » Patrick Lesne, commerçant.
C'est ce qui s'est passé chez Patrick Lesne, rue de la Berbiziale. Sa librairie a été inondée alors qu'il assistait, impuissant, au déchaînement de la météo, ce soir-là, dans la boutique, « ça fait 30 ans que je suis là, je n'ai jamais vu ça de ma vie ! ».
Il a dû jeter un certain nombre de livres, endommagés par l'eau et après trois jours à éponger le sol il sait ce qu'il lui reste à faire. « Je dois refaire toute la boutique, l'eau est passée partout. Et l'assurance vient de me répondre que je n'aurai droit à presque rien ».
Une récente voisine, Chloé, gérante de Candy Candle, à l'entrée de la rue de la Berbiziale a elle aussi été marquée par cette soirée mouvementée.
« J'étais dans ma boutique. J'avais fermé un peu plus tard que d'habitude et j'avais deux amis avec moi, heureusement car toute seule ça aurait été ingérable.»
Au départ, la jeune femme se dit « c'est pas grave ça peut arriver. »
Elle utilise alors les moyens du bord pour éponger puis finalement, face à l'ampleur de l'infiltration, va demander de l'aide à son voisin Renaud de l'enseigne Bio'topie. « Anouck de l'ancienne friperie était là elle aussi. Elle avait des vêtements invendus, elle m'a donné un sac pour éponger. »
« Les grêlons se sont assemblés en grosses plaques de glace, tout ça en deux minutes. L'eau ne s'écoulait plus dans les égouts, ça n'arrêtait pas d'augmenter. Quand je suis allée à Bio'topie, l'eau arrivait à mes genoux. » Chloé Coquelet, commerçante.
Elle relativise néanmoins « certains ont eu des dégâts bien pires que chez moi. La peinture venait d'être refaite sur les murs, le carrelage au sol a limité les dégâts. »
Et dans le genre pire, on a l'enseigne La Friperie chez Adèle, rue Henri Barbusse. « J'étais à Meilhaud à ce moment-là, on n'avait rien nous, et quand j'ai vu sur Facebook ce qui se passait à Issoire je suis allée voir. C'était violent quand même. » explique Yolene, la gérante.
Cette dernière a publié des photos sur les réseaux sociaux de la friperie, montrant l'étendue des dégâts. Une partie de la boutique est actuellement fermée.
« J'ai dû condamner l'accès car l'eau s'est infiltrée partout et on a des plaques de laine de roche au plafond qui se sont imbibées et qui se sont écroulées, il y en a encore qui tombent alors c'est dangereux. J'attends le passage d'un expert. »
Les particuliers ont été nombreux à être touchés également. Nicolas, un issoirien d'une quarantaine d'années habitant du côté de Bizaleix est rentré d'un séjour entre amis et a eu la surprise de retrouver son jardin et son potager saccagés par la grêle. Ses volets et son véhicule ont également été bien impactés.
Pour lui comme pour de nombreux issoiriens, l'heure est à la déclaration auprès des assurances dans l'espoir d'être indemnisé pour les dommages causés par cette nature hors de contrôle.
Mais comme beaucoup le soulignent, face aux incendies qui ravagent la Gironde actuellement, il est bon de relativiser, quand on a encore un toit sur la tête!
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