C’est une compétition qui se veut « conviviale », comme l’ont répété les joueurs, les coachs et les organisateurs du « Mondial du Puy ». « L’objectif, c’est de rassembler, de s’unir, de mieux se connaître, que ce soit avec des jeunes du Puy ou venus d’autres pays », affirme Ousmane Bah, président d’AJRGuinée. Mais malgré l’aspect ludique de l’événement, tout est préparé comme pour un véritable tournoi officiel.
Six équipes internationales représentées
Les équipes du Mali, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, de Guinée, de France et d’Albanie participent à la compétition. Les matchs durent 70 minutes, avec deux mi-temps de 35 minutes. Une vingtaine de joueurs composent chaque équipe. Dans les différents groupes, la majorité des équipiers sont originaires du pays qu’ils représentent. « On a consulté les communautés [de personnes issues de l’immigration] du Puy prêtes à participer, et on a trouvé beaucoup de monde », déclare Ousmane Bah. Le président d’AJRGuinée espérait initialement réunir douze équipes, mais le désistement de certains joueurs d’autres nationalités a compromis cet objectif.
Comme lors de matchs officiels, les joueurs se placent en ligne avant le coup de sifflet.
Photo par Mathias Cubizolles
Point commun entre les membres des équipes : tous sont arrivés en France il y a seulement quelques années. Sangare Nouham est originaire du Mali et a rejoint la France en 2015. Durant ce tournoi, il entraîne son équipe « nationale ». Comme beaucoup de joueurs interrogés, il voit le football comme un moyen d’intégration : « Le foot, c’est un sport qui rassemble tout le monde. Ça permet de rencontrer des personnes de toutes origines. Et pour ce soir, quel que soit le vainqueur, c’est un moment de plaisir ! »
Des joueurs qui se sont rapidement tournés vers le football
Ce dimanche 13 juillet 2026, les équipes de Côte d’Ivoire et du Mali s’affrontent. Avant le coup d’envoi : discours des capitaines, entrée sur le stade Massot en file indienne, photos d’équipe…
Le match est pris au sérieux : « C’est un match serré, parce que les Ivoiriens sont là pour gagner, pour se qualifier. Ce ne sera pas un match facile ! », anticipe Sacko Alou. Originaire du Mali, ce dernier a pris une licence au club de football de Saint-Julien-Chapteuil peu de temps après son arrivée en France. Une échappatoire pour lui, comme pour beaucoup d’autres personnes issues de l’immigration.
« Il y a sur ce tournoi des joueurs de bon niveau, selon le président d’AJRGuinée. 90 % des participants sont licenciés dans un club amateur. Et un membre de l’équipe malienne a été réserviste au Puy-en-Velay Football Club. »
Chaque équipe a son coach, et des joueurs déjà expérimentés.
Photo par Mathias Cubizolles
« Forger de la solidarité »
Michelle Blumental, membre du Réseau Éducation sans Frontières (RESF), est venue aider AJRGuinée dans la mise en place de la compétition. Pour elle, ce tournoi ne doit pas « créer du communautarisme entre ces personnes issues de l’immigration. Le but, c’est de forger de la solidarité. Ces joueurs africains ont tous des cultures très communes ».
Pour les prochaines années, l’association AJRGuinée espère renouveler ce tournoi et attirer de nouveaux groupes : « On aimerait faire participer des équipes féminines et plusieurs catégories d’âge », explique Ousmane Bah.
Dans la soirée du 12 juillet, le Mali s’est imposé 2-0 face à la Côte d’Ivoire, tandis que le Cameroun a battu l’Albanie 4-1. Les demi-finales auront lieu le 18 juillet. La finale du « Mondial du Puy » est prévue le 25 juillet à 18 heures au stade Massot.