« Ah ! On l'a fait découvrir ce Puy-en-Velay ! » Ces quelques mots de Renée Chabrier résument tout : le petit train touristique au Puy ne date pas d'hier. Et pourtant, sa clientèle n'a pas déserté au fil des décennies. Créé en 1987 par Michel Chabrier, le défunt mari de Renée, l'actuelle gérante, ce vieux concept tient toujours. « Quand mon conjoint l'a mis en place, il y avait encore peu de petits trains en France. C'est une idée qui s'est développée plus tard ».
Découvrir le Puy « sans se fatiguer »
Depuis 41 ans, le petit train s'active tous les jours, entre les mois de mai à septembre. Depuis la place Michelet, au centre du Puy-en-Velay, il embarque jusqu'à 45 personnes durant environ 45 minutes à chaque voyage. Tout au long du parcours, Renée et Carine, sa fille, prennent le micro pour raconter l'histoire de la vieille ville aux visiteurs. « On passe près de la Cathédrale, de Saint-Michel d'Aiguilhe, et par les endroits où on peut concrètement expliquer le passé du Puy. On produit un commentaire humain et adapté à tous les âges », explique Renée.
Renée Chabrier (à gauche) et sa fille Corine assurent les commentaires à la tête du train.
Photo par Mathias Cubizolles
Les deux guides constatent une clientèle à la fois locale, touristique, mais aussi étrangère : « Récemment, on a vu des Parisiens, des Anglais, des Bretons... Ce qui séduit les gens, c'est le fait de pouvoir découvrir Le Puy sans se fatiguer et sans avoir à lire des panneaux, des guides... » déclare Renée Chabrier. De quoi, donc, plaire à la fois aux touristes et aux altiligériens.
Selon elle, le tour en petit train permet une meilleure compréhension de la ville : « Les gens sont curieux, ils posent des questions sur tout. Et ils sont souvent étonnés de ce qu'ils voient, car avant la visite, Le Puy était un petit bourg pour eux ».
Un début de saison 2026 moins positif
« Cette année, le mois de mai a été correct, le mois de juin légèrement inférieur à l'an passé. En revanche, le début du mois de juillet n'a vraiment pas été bon. Mais ça ne nous décourage certainement pas » glisse la gérante du petit train ponot. Cette dernière pense savoir à quoi attribuer cette perte de vitesse passagère : « Les portefeuilles ont été restreints ces derniers mois, et le moral a baissé... Il faut que tout cela remonte ! »
Une revigoration du nombre de clients du petit train touristique est également important pour la fréquentation du Puy-en-Velay, selon les dires de Renée Chabrier. « À la fin des visites, beaucoup de personnes nous disent que le tour les a inspirées et qu'ils vont aller voir de plus près les monuments aperçus », dit-elle.
C'est pourquoi la gérante craint l'éventuel effet de la restauration de la Vierge Marie dans les prochains mois (la statue et le Rocher Corneille seront fermés au public entre l'automne 2026 et mai 2028). Mais Renée Chabrier rassure en affirmant que les travaux de consolidation de la statue Saint-Joseph, à Espaly-Saint-Marcel, en 2024, « n'ont pas impacté le nombre de visites ».
Néanmoins, la Vierge Notre-Dame de France accueille 100 000 visiteurs par an, soit environ cinq fois plus que la basilique Saint-Joseph de Bon-Espoir. Une différence qui pourrait avoir son importance durant la saison prochaine pour le petit train touristique du Puy.