Après la fermeture de la boulangerie tenue par les parents de Didier Chouvelon depuis 1960, le 31 décembre 2025, une association a mis en place un dépôt de pain dans la salle polyvalente de Darsac afin de maintenir un service local pour les habitants.
Mais depuis la reprise de l'activité par le boulanger, les deux structures coexistent à une centaine de mètres l'une de l'autre. Une cohabitation tendue dans laquelle les habitants se retrouvent mêlés.
« C'est une perte d'activité, leur dépôt est à une centaine de mètres »
Après avoir toujours travaillé dans la boulangerie familiale, même après le décès de son papa Joannès il y a presque 30 ans, Didier Chouvelon a repris officiellement l'entreprise à 57 ans. Il explique avoir informé la mairie de sa date de réouverture, pensant que le dépôt de pain mis en place en son absence cesserait son activité. « Après la fermeture, c'était normal, maintenant, je ne comprends pas trop », confie-t-il.
Commerces de proximité
En Haute-Loire, 43 communes ne possèdent plus qu'un seul commerce, et 23 % des communes altiligériennes n'ont plus aucune boutique.
L'association Au Relais du Bon Pain de Vernassal, créée en février 2026, bénéficie de la mise à disposition de la salle polyvalente par la commune. Le dépôt de pain a ainsi conservé la clientèle acquise durant ces derniers mois. « C'est une perte d'activité pour moi, leur dépôt est à une centaine de mètres. » regrette le boulanger.
Didier Chouvelon dit ne pas comprendre cette situation. « Quand on a un boulanger, on essaye de le faire travailler. » Il rappelle également être « le dernier commerce de proximité ici ». Malgré tout, il veut rester optimiste : « Je vais insister, ça fait quinze jours que j'ai ouvert. »
Le dépôt de pain est situé dans la salle polyvalente du village
Photo par Zoomdici
« On ne peut pas envisager de laisser la commune sans pain frais »
Interrogé par téléphone à ce sujet, le maire de Vernassal, Christophe Boissières, défend une vision différente. Il réaffirme que l'installation du dépôt de pain après la fermeture de la boulangerie visait à assurer un service à la population.
L'élu explique avoir appris seulement il y a quelques semaines que Didier Chouvelon reprendrait l'activité. Il explique cependant que ce dernier « a affirmé vouloir reprendre l'activité pour arriver à la retraite, donc seulement pendant deux ans ou deux ans et demi ». Pour cette raison, la municipalité soutient le maintien du dépôt de pain. « On ne peut pas envisager de laisser la commune sans pain frais à long terme », déclare le maire, qui indique que l'association souhaiterait même développer son activité.
D'après Christophe Boissières, les habitants seraient favorables au maintien du dépôt : « L’association a sondé la population et ils ne veulent pas qu’ils arrêtent. » Il reconnaît néanmoins que cette situation crée des tensions au sein du village : « Ça met la population en porte-à-faux et en énervement. »
Un compromis dans le four ?
Si les discussions se poursuivent, les positions restent éloignées. « J'espère qu'on trouvera un compromis », confie Didier Chouvelon. Le maire, lui, se montre plus réservé : « On sent qu'un compromis de son côté serait impossible. Il voudrait que ça ferme de suite et récupérer tous les clients. »
Une chose semble sûre à ce stade : l'association n'entend pas mettre un terme à son activité.
Pour l'heure, les deux offres continuent de coexister dans le village.
Une situation peu habituelle pour ce village de plus de 250 âmes
Photo par Zoomdici