Les habitants de Brives-Charensac ont une nouvelle fois vu leur quotidien basculer en quelques minutes. Si la Loire est restée dans son lit cette fois-ci, les torrents d'eau dévalant les coteaux ont suffi à inonder rues, parkings, commerces et habitations.
Au lendemain de l'épisode orageux, les stigmates sont omniprésents. Boue, véhicules détruits, chaussées éventrées et habitants armés de balais et de tuyaux composent le paysage d'un territoire une nouvelle fois frappé par les eaux. Dans le secteur de l'église des Carmes, au Puy, deux personnes ont été blessées, dont un pompier.
« En même pas un quart d'heure, ma voiture a été emportée »
Selon un habitant du quartier, plus d'une dizaine de véhicules auraient été noyés sur le parking de la résidence Belle Onde, avenue Charles Dupuy à Brives-Charensac
C'est le cas de Tiphaine, qui raconte : « Il y avait un petit peu d'eau au début, ça arrivait à hauteur des jantes. Le temps que je descende du troisième étage, les roues étaient complètement dans l'eau. »
Quelques minutes auront suffi : « En même pas un quart d'heure, ma voiture a été emportée par le courant. » Face à ce triste spectacle, Tiphaine ne peut que constater les dégâts : « Ma voiture est morte. Je l'avais achetée il y a seulement six mois. »
Sur les portes des garages, les traces de boue témoignent de la violence de l'événement : l'eau est montée jusqu'à près d'un mètre cinquante.
Plus de 10 voitures, comme celle de Tiphaine, ont été noyées
Photo par Hugo Uliana
Traverser le pont pour aller aider
Sur ce même parking, le spectacle est saisissant. La boue recouvre encore le sol tandis que les habitants tentent d'évacuer l'eau des garages et des halls d'entrée.
Dans cette ambiance de catastrophe, la solidarité s'organise spontanément.
« J'habite au bord de la Loire. Lors des dernières crues, les gens sont venus m'aider spontanément. Je devais en faire de même, c'était normal pour moi », explique Michel, Brivois de naissance, un balai à la main.
Avant de conclure avec humilité : « Vous savez ce que symbolise le trait d'union dans Brives-Charensac ? C'est le pont. Moi, j'ai juste traversé le pont pour aller aider, rien de plus. »
Boue, déchets, eau, tout le monde à fort à faire
Photo par Hugo Uliana
« Les bouches ont fait effet bouchon de champagne. La chaussée s'est soulevée à plusieurs endroits », Jean-Paul Bringer, maire de Brives-Charensac
Des trous béants côte de Tireboeuf
Pour une habitante du quartier, les évacuations ne sont pas adaptées. « La bouche d'évacuation est faite pour les petites pluies, pas pour le déferlement qui est venu d'en haut. »
Un constat partagé par Jean-Paul Bringer, qui dresse le bilan des secteurs les plus touchés : « Belle Onde, la zone industrielle de Corsac ou encore la Mouteyre. Une nouvelle fois, Brives-Charensac est confrontée aux inondations. Cette fois, ce n'est pas la Loire qui est en cause, mais les très fortes pluviométries venues du Farnier. Soixante litres d'eau au mètre carré, c'est énorme. Les canalisations ne peuvent pas tout absorber. »
La violence des écoulements s'est notamment matérialisée côte de Tireboeuf, où « les bouches à eau ont fait effet bouchon de champagne », décrit-il. Sous la pression, « la chaussée s'est soulevée à plusieurs endroits », laissant derrière elle un goudron éventré et de larges cavités sur plusieurs portions de la côté.
D'importants dégâts côte de Tireboeuf
Photo par Hugo Uliana