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Dérèglement climatique : des vendanges au mois d'août à Boudes

, Mise à jour le 19/08/2026 à 12:00

Habituellement, elles annoncent l'automne, mais cette année les vendanges sont déjà terminées à Chalus et sont sur le point de démarrer à Boudes. Comment la filière viticole et l'appellation Côtes d'Auvergne s'adaptent elles au réchauffement climatique ? Quel impact ce changement provoque-t-il sur les récoltes ? 

Du jamais-vu à Boudes

Samuel Gatinois, du domaine de Charmensat démarre habituellement les vendanges au 15 septembre. "On aurait dû déjà démarrer mais nous ne sommes pas prêts car c'est complètement exceptionnel." Depuis 2019 qu'il a repris le domaine, ce viticulteur n'a jamais vu ça ni même dans les archives du domaine.

Un impact direct sur le vin

Si les chaleurs entraînent une augmentation du degré d'alcool, cela peut mettre à mal un processus plus complexe. "Les levures n'arrivent pas à finir la fermentation s'il y a trop d'alcool." La maturité précoce des raisins engendrant une diminution de la taille des fruits et donc un rendement moindre. Le viticulteur s'attend donc à une production faible de vin cette année. Le cahier des charges de l'appellation Côtes d'Auvergne leur interdit en effet d'arroser les vignes. Un tableau déjà suffisamment noir mais comme si cela ne suffisait pas, les producteurs doivent aussi se confronter aux épisodes de grêle et d'orage qui ont un impact direct de 10 à 15 % sur la production de vin.

Les cépages traditionnels peu adaptés au climat

A Chalus, non loin de Boudes, le domaine des terres bariolées repris par Edouardo Veltroni termine ses vendanges, nous sommes le 18 aôut. "Les vendanges sont déjà terminées pour les vieilles vignes qui sont des cépages traditionnels." Il regrette ainsi un rendement à la baisse de ces espèces traditionnelles et attend désormais la récolte des cépages hybrides, prévue en septembre.

Les vignerons sous appellation comme le Côtes d'Auvergne se retrouvent donc confrontés à des problèmes de récolte, bien plus que ceux ayant fait le choix de cépages hybrides résistants aux chaleurs et aux maladies.

Des demandes pour adapter l'appellation 

Benoît Fesneau, directeur du Syndicat des viticulteurs de l'aire d'appellation Côtes d'Auvergne constate lui aussi un phénomène exceptionnel. "Ca ne s'est jamais vu, on constate un décalage dans la date des vendanges et ça va très vite." Mais loin d'être résigné, il a déjà mis en marche de nombreuses démarches.

"Concrètement, nous avons demandé à intégrer des cépages plus résistants, mieux adaptés. Les coteaux sud et en particulier la côte de Boudes sont particulièrement concernés par le réchauffement climatique."

Mais ces adaptations demandent du temps. L'institut en charge des appellations - l'INAO - impose au Syndicat une réflexion globale. Les acteurs se sont donc concertés pour élaborer une feuille de route. Intégrer de nouveaux cépages mais aussi élargir l'appellation à des secteurs moins exposés aux fortes chaleurs - les zones actuelles ayant été sélectionnées dans les années 1990.

Lever l'interdiction d'arrosage pour permettre de sauver certains pieds de vignes avec un arrosage minimal d'environ 20 à 30 mm est également dans la liste des doléances. Car aujourd'hui, l'interdiction totale d'irrigation imposée pour un Côtes d'Auvergne et l'absence de rosée entraînent la perte de nombreuses vignes.

Une affaire de patience devant l'urgence...

Mais pour obtenir de telles évolutions du cahier des charges, il faudra être patient. Pour un changement de cépage, il faudrait compter entre 4 et 5 ans. Pour une révision géographique, Benoît Fesneau mise sur une dizaine d'années.

Si pour le bon vin, il faut savoir attendre, gageons que la filière saura faire preuve de cette qualité pour voir évoluer positivement son appellation.

 

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