Ingénieur en énergie de formation, Lucien Brissard a grandi à Tours avant de s’installer en Haute-Loire, il y a un an, avec sa compagne Chloé. Son projet de maison en paille est bien avancé puisque le couple dispose déjà du terrain et du permis de construire.
Mardi 26 août, il présentait son projet lors d’une conférence organisée dans les locaux de la Biocoop Echo Nature à Aiguilhe, où il travaille. L’occasion de partager son expérience et de montrer concrètement ce que peut permettre l’autoconstruction.
Autoconstruire pour rester libre
Pour préparer son projet, Lucien Brissard s’est notamment plongé dans de nombreuses documentations, dont le livre Autoconstruire pour rester libre, de Jean-Philippe Valla. « Moi, je fais ça pour la liberté », explique-t-il. Il poursuit : « Le but, c’est d’être libre et de ne pas s’endetter sur 25 ans quand tu fais une maison. »
Une liberté qui passe aussi par le choix des matériaux. Paille, grumes de bois, terre, autant de matériaux locaux et peu transformés qui doivent composer la maison. « On utilise des matériaux écologiques et on bénéficie d’une maison qui est excellente thermiquement et niveau confort », souligne-t-il.
« C’est beaucoup de matériaux carbonés. La maison, elle va stocker entre 10 et 15 tonnes de carbone, ça fait environ 100 000 kilomètres de voiture », estime Lucien. Quant aux clichés sur la fragilité des maisons en paille, il les balaie rapidement : « Quand on parle de bottes de paille, c’est pas une maison avec de l’air qui passe à travers. C’est une vraie maison. » Une manière pour lui de déconstruire les méthodes de construction traditionnelles.
Plusieurs personnes ont assisté à la conférence
Photo par HU
Au moins 20 000 € et de la volonté
Pour le gros œuvre d’une maison de 100 m², hors d’eau et hors d’air, Lucien estime le budget à environ 20 000 euros en autoconstruction, avec une trentaine de grosses bottes de paille. Un montant qui doit toutefois être largement nuancé.
« Quand on dit 20 000 €, il n'y a pas le prix du terrain, c’est seulement le gros œuvre. C’est toujours plus que ça. »
La facture pourrait vite grimper : « Si on n’est pas prêt à y passer du temps et qu’on fait intervenir des gens, ça peut coûter 80 000 €. » En revanche, un chantier bien préparé peut avancer rapidement. « C’est un peu du LEGO, ça s’assemble assez vite. En dix jours, on peut avoir une maison hors d’eau, hors d’air. »
« Le but, c'est que les gens savent que ça existe »
Pour se lancer, reste à franchir un obstacle de taille : les appréhensions. « Il faut casser tous les freins qui sont autour de nous, notamment les proches qui pourraient transmettre leurs propres peurs en disant "Tu vas pas y arriver, ça va être trop dur !" », estime Lucien Brissard.
Son objectif n’est pourtant pas de convaincre à tout prix. « Je suis un militant de l’exemple. Je montre ce que je fais. Si ça intéresse les gens, ils iront dedans, sinon ils n’iront pas. » Avec sa compagne Chloé, actuellement en formation sur la construction de maisons en paille, il souhaite avant tout faire connaître cette possibilité. « Le but, c’est que les gens savent que ça existe » et qu’ils se rendent compte « que c’est pas sorcier ».
Le couple entend ainsi augmenter au maximum son autonomie. « On a eu cette vision d’essayer d’augmenter au maximum notre liberté et ça passait par ça », raconte Lucien. Sans pour autant prétendre détenir une recette universelle : « Je ne dis pas que c’est la solution que tout le monde doit prendre, je dis que c’est une solution qui existe et qu’il faut la considérer. »
C'est entre autres une affaire de liberté pour lui
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