Voilà un dossier qui fait couler beaucoup d'encre parmi les riverains. Une première mobilisation avait réuni près de 200 personnes le 20 juillet pour défendre les arbres de l'allée Vitalis-Royer, dont certains sont centenaires. Un tilleul avait finalement été abattu le 27 juillet, malgré la mobilisation citoyenne et une pétition avait recueilli plus de 1 000 signatures.
Par arrêté, la préfecture vient désormais de trancher sur la demande d’autorisation déposée par la commune. Après examen du dossier, notamment au regard d’un diagnostic de l’Office national des forêts, de l’avis de l’Architecte des bâtiments de France et des différentes possibilités pour éviter l’abattage, l’État estime qu’aucune alternative ne permet de réaliser le chantier dans des conditions satisfaisantes de sécurité et d’accès.
« 14 arbres au maximum » et des mesures compensatoires
L’arrêté préfectoral autorise l’abattage de 14 arbres précisément identifiés dans le dossier, et uniquement dans le cadre des travaux d’assainissement et d’eau potable. La commune ne pourra pas en supprimer davantage sans solliciter une nouvelle autorisation.
Deux arbres qualifiés « d’avenir » par l’Office national des forêts devront par ailleurs être conservés. Surtout, l’autorisation est assortie de mesures compensatoires obligatoires. Pour chaque arbre abattu, la commune devra planter au minimum un nouvel arbre.
Ces nouvelles plantations devront être réalisées à proximité immédiate de l’allée Vitalis-Royer, place de la Paix et place de la Mairie, dans un périmètre maximal d’environ 350 mètres autour de la zone concernée. La commune aura également la charge de leur entretien. Si l’un des arbres plantés venait à mourir ou à dépérir, il devra être remplacé dans un délai de douze mois.
Une décision et des mesures qui ne font pas l'unanimité.
Un véritable bras de fer s'est engagé
Photo par Association Cachalot
« C'est comme détruire La Joconde et la remplacer par une affiche », Estelle Teyssier, membre de l'association Cachalot
La pilule ne passe pas
Pour les opposants au projet, replanter ne répond pas au problème. Estelle Teyssier, membre de l’association Collectif Action Climat Haute-Loire pour la Terre (Cachalot), fait part de sa frustration : « Il y a une certaine colère de voir qu’on peut croire que les arbres peuvent être remplacés d’un coup de baguette magique. »
Elle insiste : « De nouveaux arbres ne peuvent pas remplacer des arbres centenaires. » « Ces arbres sont protégés par le code de l’environnement et le Plan Local d’Urbanisme de Monistrol », rappelle-t-elle. Leur abattage était précisément soumis à une autorisation de l’État en raison de leur statut d’alignement d’arbres bordant une voie ouverte à la circulation publique.
La militante met également en avant les enjeux liés à la biodiversité. Une inspection doit être réalisée avant l’abattage afin de vérifier la présence éventuelle d’espèces protégées ou de gîtes dans les arbres. Mais pour Estelle Teyssier, leur intérêt écologique ne fait aucun doute : « Un arbre qui a cent ans, c’est tout un écosystème. » Elle déplore plus largement : « L’Homme se croit tout-puissant. »
Un recours examiné par le tribunal administratif
Face à l’autorisation préfectorale, un groupe de riverains, la liste d’opposition municipale « Monistrol, un avenir à partager » et l’association Cachalot ont saisi le tribunal administratif. Leur objectif est d’obtenir l’annulation de l’arrêté et d’empêcher l’abattage des arbres, au moins tant qu’une étude sanitaire complète n’aura pas été menée.
Le tribunal administratif a examiné le dossier ce mercredi 26 août. Son délibéré est attendu au début de la semaine prochaine.
En attendant, l’autorisation préfectorale reste assortie de plusieurs obligations. Dans la mesure du possible, les travaux devront être réalisés entre le 1er septembre et le 15 mars, période jugée plus favorable à la protection de la biodiversité. En cas de découverte d’une espèce protégée, les mesures prévues par l’arrêté devront être appliquées.
Le chantier d’assainissement, lui, est présenté comme nécessaire à la mise aux normes des réseaux d’eau potable et d’assainissement. Mais pour les opposants, la question dépasse ce cadre et oppose deux visions.
Le délibéré du tribunal administratif est attendu en début de semaine prochaine.