Mardi 8 et hier, jeudi 10 septembre, un mouvement de grève a frappé le collège Boris-Vian de Retournac.
Là-bas, une classe de 6e a fermé, n'en laissant plus que deux. Une situation qui révolte les professeurs, qui estiment ne plus pouvoir enseigner dans des conditions optimales pour les enfants.
Une organisation chamboulée
"On a appris très tardivement, à la fin du mois de juin, qu'on aurait deux classes de 6e au lieu de trois, témoigne Madame Saudan, professeure d'Histoire-géographie. Notre répartition était organisée, nos emplois du temps étaient faits et tout avait été pensé pour trois classes."
Cette décision aurait été prise en raison de la baisse du nombre d'élèves de 6e, qui sont 60 cette année. Ils se retrouvent donc à 30 par classe, pour une première année au collège.
La professeure donne un exemple concret : "Avant-hier, j'ai fait une frise chronologique en cours. D'habitude, je passe voir chaque élève ; là je n'ai pas pu car je n'ai pas le temps. Je sais que certains n'ont pas compris et j'aimerais pouvoir leur accorder à tous un accompagnement efficace."
"De plus, nous avons des élèves en situation de handicap ; ils sont accompagnés, ce qui fait deux adultes par classe en plus des 30 enfants", soulève la professeure. Ce qui génère un inconfort important, surtout en période de canicule, "avec 29°C dans les salles". "C'est l'horreur", ajoute-t-elle, excédée.
La question de l'égalité
Pour Madame Saudan, se pose la cruciale question de l'égalité.
"Dans un contexte où les enfants ont de plus en plus de difficultés, et où notre territoire a un niveau socioculturel bas, en dessous des moyennes régionales, c'est inenvisageable. Quand on voit les résultats de nos élèves, qui n'ont pas tous la chance d'accéder à la lecture à la maison, il faut les aider."
C'est aussi dans les plus petits effectifs que les enfants osent poser des questions en cours et qu'ils nouent plus facilement des amitiés. Un autre aspect que cette modification vient entacher.
Autre remarque : le collège Marguerite-Thomas à Sainte-Florine se trouvait dans le même cas et a obtenu sa troisième classe. "C'est ce qu'on demande, explique la professeure. On met en avant le principe d'égalité républicaine."
Des demandes auprès du rectorat
Au-delà du mouvement de grève, les professeurs ont participé à des mouvements devant le collège, avec les parents en soutien.
Ils ont aussi demandé une audience auprès de la rectrice de Clermont-Ferrand. C'est ainsi qu'hier, une délégation de profs s'y est rendue pour rencontrer son directeur de cabinet.
Alors, cette mobilisation aura-t-elle été efficace ? Seul l'avenir nous le dira.