Alors que l’été 2026 touche à sa fin, l’heure est au bilan dans les établissements hospitaliers et les EHPAD publics du département. Le 7 septembre, les représentants de la CGT Santé de Haute-Loire se sont réunis pour faire le point.
Le constat est sans appel pour le syndicat : les difficultés rencontrées ne se limitent pas aux épisodes de fortes chaleurs. Manque de personnel, congés difficiles à prendre, rappels sur les jours de repos et conditions de travail dégradées continuent de peser sur les équipes et la prise en charge des patients.
De « simple malaise » à « crise profonde »
Pour Amandine Rabeyrin, secrétaire départementale de la CGT Santé, la situation s’est encore aggravée cet été. « On se refuse à voir notre système de santé s’effondrer, parce que c’est ce qui est quand même en train de se passer depuis quelques années », estime-t-elle.
Dans les services, le manque de personnel reste au cœur des difficultés. Des agents ne sont pas remplacés pendant leurs congés et certains sont rappelés sur leurs jours de repos. Une situation qui, selon le syndicat, empêche les professionnels de travailler dans les conditions souhaitées, au détriment des patients.
Elle résume l'état des choses : « Nous ne faisons plus face à un simple malaise [...], mais à une crise profonde qui ne pourra être résolue que par un changement radical de politique. »
Près de 30 °C dans les couloirs
Les fortes chaleurs de l'été n'ont fait qu'accentuer les problèmes. Le syndicat affirme avoir relevé des températures proches de 30 °C dans plusieurs services.
Au centre hospitalier Émile-Roux du Puy, 40 rafraîchisseurs d’air ont été achetés cet été. Mais impossible de les utiliser, car ils fonctionnent avec un réservoir d'eau stagnante, posant des problèmes bactériologiques. Deux climatiseurs ont également été installés aux urgences. Pour la CGT, ces réponses restent ponctuelles et insuffisantes.
Pains de glace dans les rafraîchisseurs, couvertures de survie sur les baies vitrées... Tous les moyens sont bons pour contenir la chaleur.
Le syndicat réclame des investissements durables. « L’hôpital, c’est fait pour être fonctionnel, pas pour être joli », estime Amandine Rabeyrin, qui pointe notamment les importantes surfaces vitrées de certains bâtiments... mais aussi des prochains puisque de nouveaux bâtiments sont en construction.
De l'aluminium et des couvertures de survie sur les vitres
Photo par CGT Santé Haute-Loire
Leurs revendications
Au-delà de la situation estivale, la CGT Santé regarde désormais vers l’automne et le futur projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Le syndicat redoute de nouvelles économies : « La Santé n'est pas une dépense comme une autre. »
La CGT revendique : des moyens financiers à la hauteur des besoins, la création massive de postes, la revalorisation des salaires, le respect des repos et des congés, un plan d'urgence, la rénovation thermique des établissements, une Sécurité sociale à 100 % solidaire et universelle.
« Une frange de la population ne pourra bientôt plus mettre de l’essence, se soigner et manger », alerte la syndicaliste.
La CGT Santé appelle enfin les personnels à la mobilisation le 29 septembre, autour du financement de l’hôpital public, des conditions de travail et des rémunérations. « L’hôpital public tient au dévouement et au sacrifice des personnels », conclut Amandine Rabeyrin.
Des travaux importants et des bouts de toits sans tuiles
Photo par HU