Au sommet du Mézenc, le rêve de Kévin est devenu réalité

Par HUl , Mise à jour le 15/07/2026 à 17:00

Temps de lecture : 4 minutes

Atteint de la maladie de Friedreich, une maladie neurodégénérative rare, Kévin n'avait jamais pu gravir le Mézenc, point culminant de la Haute-Loire. Son rêve est devenu réalité ce mardi 14 juillet grâce à l'association Voisins & Soins, qui l'a emmené en joëlette jusqu'au sommet.

Le défi était à la hauteur du symbole. Mardi 14 juillet, une joëlette a quitté la Croix de Peccata à 10 h 30 avec un passager spécial à son bord : Kévin, 36 ans et atteint de la maladie de Friedreich, avait un rêve : aller au sommet du Mézenc.

Autour de lui, treize personnes se sont relayées pour pousser et tracter ce fauteuil tout-terrain. Une ascension d'une heure, rendue possible grâce à l'engagement des bénévoles de Voisins & Soins et de l'association sportive Mézenc Melting Sport.
La même association qui avait porté une joëlette au sommet du Mont Kilimandjaro en août 2025 avec l'opération Kili Hand'Icare.

« On a répondu au rêve de Kévin »

Voisins & Soins

Implantée au Puy depuis plus de trois ans, l'association Voisins & Soins accompagne aujourd'hui une dizaine de personnes atteintes de maladies graves grâce à des équipes de bénévoles, épaulées par un médecin et une infirmière spécialisés.

Une mission qui consiste à permettre aux malades de continuer à vivre à domicile, tout en les aidant à réaliser, parfois, des rêves qui semblaient hors de portée.

Pour Philippe Gastal, coordinateur de Voisins & Soins au Puy-en-Velay, cette journée représentait bien plus.

« Comme il est en fauteuil roulant, il nous fallait un outil particulier, la joëlette. Pour lui permettre cette ascension, on s'est rapproché de l'association Kili Hand'Icare [Mézenc Melting Sport] », explique-t-il.

Au total, treize personnes ont participé à l'aventure. « On est monté relativement facilement. Il ne faisait pas encore trop chaud et la joëlette est vraiment remarquable pour des endroits compliqués avec des marches. »

Mais derrière cette prouesse se cachait surtout un souhait de longue date. « Kévin depuis plus d'un an, nous disait qu'il aimerait monter au Mézenc », exprime avec fierté Philippe Gastal.

13 bénévoles et amis se sont relayés pour tracter la joëlette
13 bénévoles et amis se sont relayés pour tracter la joëlette Photo par Voisins & Soins

« On s'est approchés au maximum pour qu'il la voie et qu'il s'assure que c'était le bon endroit », Philippe Gastal, coordinateur de Voisins & Soins au Puy-en-Velay

Une croix qu'il voulait voir de ses propres yeux

Né dans la région, Kévin n'avait jamais eu l'occasion de découvrir le plus haut sommet de la Haute-Loire. Avec la maladie il a vu ses possibilités de déplacement se réduire au fil des années.

« Il est immobilisé chez lui. Comme il est malade depuis l'âge de sept ans, il a fait assez peu de sorties dans la région. Mais il savait qu'il y avait une croix sur un des deux sommets du Mézenc. Il voulait absolument y aller », raconte le coordinateur.

Le groupe s'est approché jusqu'à une dizaine de mètres de la célèbre croix sommitale. « On s'est approchés au maximum pour qu'il la voie et qu'il s'assure que c'était le bon endroit. »

La fameuse croix en ligne de mire
La fameuse croix en ligne de mire Photo par Voisins & Soins

« C'est un garçon qui a soif »

Une fois l'objectif atteint, l'émotion a tout naturellement repris le dessus. « Il était reconnaissant, il répétait : "Bravo !", il était touché », se souvient le coordinateur de l'association.

Pour Kévin comme pour les personnes qui ont effectué l'ascension à ses côtés, cette journée restera gravée dans les mémoires : « Il a passé une journée comme il n'en passe certainement plus depuis quelques années. Ça a vraiment été un moment très fort pour lui. »

Philippe Gastal parle avec émotion de ce jeune homme dont la maladie progresse inexorablement. « On est très attachés à ce jeune homme de 36 ans qui voit sa vue baisser beaucoup, il ne peut plus utiliser son téléphone... Mais il a envie de vivre, de faire des choses, de rencontrer des gens. C'est un garçon qui a soif », conclut-il avec une forte émotion.

L'ascension a duré une heure
L'ascension a duré une heure Photo par Voisins & Soins

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