Des chariots qui se remplissent, des gilets oranges et beaucoup de bénévoles… Dans les magasins de Haute-Loire, la solidarité prend des formes très concrètes ce week-end. Derrière chaque don, une nécessité : permettre à ceux qui en ont besoin de se nourrir dignement.
Mais au-delà des tonnes de denrées récoltées, ce sont aussi des histoires. Celles de bénévoles fidèles, de jeunes générations mobilisées et de donateurs pour qui aider les autres relève parfois d'une évidence.
« Il faut qu'il y ait une catastrophe pour que les gens se mobilisent »
À Auchan, à Brives-Charensac, un homme attire notre attention. Son sac de courses presque plein, il en déverse une grande partie dans le chariot de collecte. Il s'appelle Jean-Marc, a 76 ans et habite à Chaspinhac.
Pour lui, ce geste s'inscrit dans une longue histoire personnelle : « C'est une culture familiale. J'ai toujours été présent quand les gens avaient besoin. »
Pris par l'émotion, il raconte : « J’ai côtoyé beaucoup de gens dans la peine, mais qui arrivaient à rester heureux dans la souffrance. J’ai milité 20 ans au Téléthon, je sais ce que c’est. »
Son regard sur la société est amer. « Le problème, dans notre civilisation, c'est qu'il faut qu'il y ait une catastrophe pour que les gens se mobilisent. C'est ça qui est dommage », déplore-t-il. Il reste optimiste :
« Mais bon, il y a de l’espoir. J’ai toujours l’image du Bataclan où, le lendemain matin, les gens faisaient la queue pour aller donner leur sang. »
Des denrées alimentaires mais pas que
Photo par HU
Jusqu'à 650 bénévoles et un objectif de 37 tonnes
Depuis 18 ans à la tête de la Banque Alimentaire de Haute-Loire, Jean-Marie Guérault connaît l'importance de ces quelques jours. « En deux jours et demi, nous essayons de ramasser auprès de 64 magasins entre 25 et 30 % de nos besoins de l'année. »
Du Puy-en-Velay à Brioude, en passant par Yssingeaux, Monistrol-sur-Loire Aiguilhe et Brives-Charensac... 600 à 650 bénévoles sont mobilisés.
Malgré un contexte économique difficile, le président garde espoir : « Le vendredi n'a pas été mauvais par rapport à l'année dernière. » De quoi viser les 37 tonnes récoltées en 2025, voire davantage.
Nathalie Schulz, Jean-Marie Guérault, Eva, Clémence et Norhane
Photo par HU
La jeunesse répond présent
Parmi les bénévoles, les jeunes occupent une place de choix. Au Super U d'Aiguilhe, une dizaine d'élèves de troisième du collège de Saint-Jacques, encadrés par leur professeure Nathalie Schulz, donnent de leur temps. Eva, Clémence et Norhane résument simplement leur engagement : « C'est important que les gens qui sont dans le besoin aient ces sacs. »
Même mobilisation chez les cadets de la gendarmerie : près de 30 jeunes sont déployés entre Auchan et le dépôt de collecte. Pour Céline, Maëlys et Emy, « c'est important de montrer que la jeunesse est active pour la société d'aujourd'hui ».
Leurs accompagnants, Jean-François Doncarli (commandant de la gendarmerie de Haute-Loire) et Geoffroy Millet (président de l'association des jeunes cadets de la gendarmerie), ne tarissent pas d'éloge : « On a des jeunes qui ont pris le train à Brioude ce matin pour être ici. Ils sont très motivés. »
Jean-François Doncarli à gauche, Geoffroy Millet à droite et les cadets de la gendarmerie
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« S'il n'y a personne à l'entrée et à la sortie des magasins, on est cuits »
En Haute-Loire comme partout en France, cette collecte repose sur des milliers de gestes. En 2025, 128 000 bénévoles avaient permis de réunir près de 9 750 tonnes de denrées dans l'Hexagone.
« S'il n'y a personne à l'entrée et à la sortie des magasins, on est cuits », conclue Jean-Marie Guérault. Chaque année, les Banques Alimentaires soutiennent près de 2,4 millions de personnes en situation de précarité alimentaire.